Devenir neutre en carbone - AssetTV panel discussion

Mercredi 02 juin 2021

Expertise, Interview

  

Climat, neutralité carbone, solutions indicielles et règlementations européennes en matière de développement durable étaient à l’ordre du jour lorsque Frédéric Hoogveld, Responsable Développement Produit et Investment Specialists chez Amundi ETF, Index & Smart Beta, a été rejoint par les responsables du développement durable de RPMI Railpen et BT Pension Scheme Management et le responsable ESG de la Caisse de Protection des Pensions (PPF) sur AssetTV, en anglais, au mois de mai. Le panel a été sponsorisé par Amundi ETF, Indexing & Smart Beta.
     

    

Les participants ont d’abord abordé les différentes façons de définir la neutralité carbone et les raisons pour lesquelles les propriétaires d’actifs se fixent des objectifs nets zéro. Ils ont également exploré l’échéancier pour atteindre des émissions nettes de carbone zéro et comment cela diffère selon les types d’actifs en fonction de ce qu’ils attendent de leurs portefeuilles. Par exemple, un régime de retraite à prestations définies (PD) fermé à de nouveaux membres a des objectifs et des contraintes de placement très différents de ceux d’un régime à prestations déterminées qui accepte de nouveaux membres et qui verse des prestations de retraite, peut-être même jusqu'au siècle prochain.

Nouvelles solutions indicielles

La conversation a ensuite porté sur le rôle des gestionnaires d’actifs et les solutions de gestion des indices pour faire face à la crise climatique. Frédéric Hoogveld a fait remarquer que la qualité des données et la couverture des fournisseurs d’indices se sont améliorées en ce qui concerne les mesures financières non traditionnelles prises en compte dans la construction de nouvelles solutions indicielles conçues pour répondre aux objectifs d’investissement à faibles émissions de carbone. « Nous nous dirigeons vers une meilleure compréhension de l’ensemble de l’empreinte carbone d’une entreprise. Mais c’est encore un travail en cours. »

Il a également souligné que l’approche des indices climatiques repose de plus en plus sur les engagements prospectifs des entreprises plutôt que sur des données purement historiques des émissions. De plus, c’est la demande des propriétaires d’actifs qui stimule l'innovation de l’indice, a précisé Frédéric.

« Ce que nous voyons de plus en plus chez les clients, c’est la nécessité de faire pencher l'indice en faveur des entreprises qui ont pris des engagements et non des entreprises polluantes. Nous avons maintenant la capacité de surpondérer les entreprises qui ont pris cet engagement scientifique d’aligner leurs modèles économiques sur l’Accord de Paris. »

S'engager pour de bon

Partageant l'exemple d’un indice co-développé par Amundi pour la Caisse des Dépôts en France, Frédéric a expliqué qu’il avait été conçu pour surpondérer les entreprises ayant des engagements de la cadre de l’initiative Science Based Targets (SBTi) et désinvestir les entreprises n'ayant pas pris d'engagements SBTi, permettant ainsi à l'indice d'être utilisé comme un outil d'engagement.

« La capacité de lier la conception d’un indice à une stratégie d’engagement est de plus en plus intéressante pour ces nouvelles solutions d’indice climatique. » Cela souligne le rôle que joue l’engagement dans les placements passifs ainsi que dans la gestion active.

Cette innovation en matière d’indices crée un monde plus complexe, qui permet d’offrir une gamme plus large de solutions en fonction des besoins des propriétaires d’actifs. Hoogveld a résumé ainsi : « Alors que nous réduisions auparavant notre empreinte carbone, nous intégrons maintenant une stratégie dynamique dans la conception de l’indice. »

Positif sur la réglementation

Les initiatives réglementaires de l’Union européenne et leurs impacts ont suscité d’importantes discussions. Suite à la mise en œuvre de cette réglementation, Amundi voit une demande accrue de produits durables qui alimente les flux de capitaux en permettant aux fournisseurs de produits et aux propriétaires d’actifs de « parler le même langage » en matière d’investissements durables.

Le groupe d’experts s’est penché sur la mise en œuvre de la règlementation SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) et Frédéric a fait les commentaires suivants : « Un nombre croissant d'investisseurs veulent des produits [SFDR], article 8 et 9, et d’autres cherchent à comparer leurs portefeuilles à l’indice de référence sur la transition climatique et à l’indice de référence aligné sur les accords de Paris. » Il a conclu que cet intérêt significatif pour la transition vers des produits d’investissement durable est très positif pour tous.

Voir la rediffusion